Patrimoine et Histoire de Champfromier, par Ghislain LANCEL

Confort, le Pont de Confort (1895)

 

Le milieu du lit de la Valserine est la limite naturelle entre Confort et Montanges, avec un lieu de passage ancien, le Pont de Confort, situé tout près de la Mêlée des Eaux, là où la Valserine et la Semine se rejoignent.

Le "pont de Confort" est mentionné et représenté sur la carte de Durieu (1753). Voir à la Bâtie de Montanges.

Côté Confort du pont, en 1810 le premier plan napoléonien ne montre aucune maison le long de la Valserine, mais une seule maison (A 867) située un peu à l'écart de la rivière. En 1846 elle figurait aussi (C 1300), et on en comptait une nouvelle (C 1297), une maison et moulin de 410 m² appartenant à M. Bonneville de Châtillon ceux-ci localisés sur la rive gauche de la Valserine, le moulin ayant un canal d'amenée en amont de la rivière. C'est probablement à cet emplacement que se situait le moulin cité au titre du pariage où en 1309 l'abbé de Chézery obtient une quittance du comte de Savoie pour la moitié des dépenses engagées aux réparations du moulin de Confort [G. Lancel, Abbaye de Chézery, p. 212]. Aux plans rénovés de 1965, le chemin passe de devant à derrière la maison située à l'écart.

Pont de Confort Pont de Confort

Sur les deux rives en amont du Pont de Confort, côté Montanges (en 1833) et côté Confort (en 1846)

Côté Montanges du pont, en 1833 se trouve rive droite un moulin (B 336) avec un canal d'amenée particulièrement long et alimenté par un barrage, légèrement bombé du côté amont. Constitué en réalité d'un moulin-bâtiment-maison, cet ensemble appartient alors à la veuve d'Isidore Perrin d'Ochiaz. En 1849 il est fiscalement acquis par Joseph-Marie Bonneville, de Châtillon (5 ouvertures pour le moulin, et 6 pour la maison), qui possède aussi le moulin du Moulin des Pierres (Pont des Pierres, B 1203), ce dernier étant une construction nouvelle en 1849. Les acquis au Pont de Confort passent ensuite à son fils Antoine Bonneville (1863), puis à Brun Cyrille, ex-avoué à Genève (1867), à Louis Victor Sarrazin, fils de Marius (1870) puis à la veuve de Joseph Sarrazin meunier (1875). Le moulin B 336 est converti en bâtiment (il logera les douaniers), au nom de Joseph Sarrazin, en 1868, mais seulement compris dans les diminutions de taxes de Montanges en 1879 (vue 30/342), et celui-ci agrandi en 1879. Finalement, dans les années d'avant la Première guerre mondiale, les parcelles sont acquises par Léon Cottin et Jules Roure à Coupy (1906), et enfin par ce dernier, seul, alors dit négociant à Coupy [Registre des propriétaires de Montanges (vue 30/342)].

Une maison agricole (B 333) est située nettement à l'écart du pont.

 

Pont de Confort

Album de Me Budin, cliché n° 19

Les recensements de Confort ne sont en ligne qu'à partir de l'année 1896 et jusqu'en 1936. Ils relèvent au lieu du Pont de Confort 2 maisons jusqu'en 1911 (et à nouveau en 1936), la première (à l'écart) étant généralement habitée par un cultivateur propriétaire exploitant (Adolphe Blanc, de 1901 à 1931).

En ces années-là, la maison attenante au lit de la Valserine, n'a plus de fonction hydraulique, mais est devenue une épicerie (de produits détaxés selon les souvenirs de transmission orale), faisant aussi café. En 1896 on y trouve Philomène Sarrazin, épicière, veuve d'un autre Sarrazin, familles de meuniers très présente aussi à l'autre pont voisin, celui de Coz. En 1906 lui succède un Antoine Storme, aubergiste épicier patron, qui le sera jusqu'en 1911, avant que cette maison ne soit plus habitée, du moins recensée, jusqu'en 1931. Signalons qu'en 1906, Emélie Sarrazin, est aussi épicière patronne, mais, sauf erreur de relevé, dans l'autre maison. En 1936 on retrouve 2 maisons, mais alors toutes deux occupées par des Italiens (Bertanzetti et Durini) cultivateurs.

Les recensements de Montanges (actuellement consultables de 1866 à 1946), au lieu-dit du même Pont de Confort mais rive droite de la Valserine, font référence à 2 maisons jusqu'en 1891, puis confusément d'une seule ou deux jusqu'en 1921, et plus aucune ensuite jusqu'en 1946. L'une des maisons est celle des cultivateurs (Belnoix, Dujoux, Fournier, Perrin). L'autre bâtisse, située rive droite, n'est plus un moulin, mais un logement de douaniers, toutefois pas une caserne à part entière, puisque des particuliers y habitent aussi. Une carte postale opte pour la dénomination de "Bureau des douanes". Une autre se contente de laisser à notre vue un panonceau "ZONE NEUTRE". Arsène Hodille, receveur des douanes y loge de 1896 à 1906. Ernest-François-Marie Poncet, aussi receveur, lui succède jusqu'en 1921, puis les douaniers disparaissent. Comme pour le pont de Coz, rappelons que les listes électorales annuelles, qui n'ont pas non plus été systématiquement étudiées ici, apportent évidemment des précisions sur les occupants. Ainsi pour 1913, la liste de Montanges mentionne Ernest Poncet, receveur des douanes au Pont de Confort et son fils Victor Poncet, militaire, à Coz

 

Terminons par cette colorisation par E. Toiseux, aux couleurs réalistes qui donnent un très joli rendu à cet environnement du Pont de Confort.

Pont de Confort en 1895

 

 

Source, crédit photographique de l'original : Album de Me Michel-Louis Budin (1895-1896), ancien notaire de Châtillon-en-Michaille. Collection Lucienne Budin, sa fille, épouse Crochet, album numérisé par Ghislain Lancel, avec l'agrément de Pierre Brisset, petit-fils de Lucienne (Cliché n° 19) ; Bnf, Gallica (Fonds Bié, Bovet et Milsom) ; Photo actualisée par Ghislain Lancel (25/11/2023).

Publication : Ghislain Lancel. Remerciements : Eric Toiseux (colorisation).

Première publication le 13 décembre 2023. Dernière mise à jour de cette page, idem.

 

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